Association de prévention et d'accompagnement du burnout, syndrome d'épuisement professionnel, basée à Lyon

Comprendre le burnout
ou syndrome d’épuisement professionnel

Depuis plusieurs années, l’expression « burnout » envahit nos journaux, magazines et petit écran. Elle est traduite en français de manière beaucoup plus explicite par « syndrome d’épuisement professionnel » (ou personnel). Elle est souvent confondue avec la dépression.

Abeille Alliance, association basée à Lyon, vous donne quelques éclaircissements.

  1. Qu’est-ce que le burn out ?
  2. Le burnout, est-il une maladie professionnelle ?
  3. Le burnout, est-il une dépression ?
  4. Quelles sont les causes du burn out ?
  5. Qui est responsable du burn out
  6. Comment sortir du burnout ? 
  1. Qu’est-ce que le burn out ?

Le burnout est un processus de dégradation entre l’individu et son milieu professionnel.

Ce processus connaît quatre phases consécutives :

  1. La phase d’engagement : la personne est très engagée dans son activité (mais pas encore trop).
  2. La phase de sur-engagement : le « très » engagé devient « trop » engagé, suite à un événement catalyseur (nouveau projet, promotion, changement d’organisation hiérarchique…).

Le travail prend alors le pas sur la vie personnelle et devient quasi obsessionnel.

  1. La phase de résistance : la personne est dans le déni et ne veut (peut) pas reconnaître son surmenage, et persiste donc dans cette voie, sûre de ses capacités.
  2. La phase d’effondrement : progressive ou brutale, cette phase se traduit par des symptômes légers (fatigue passagère, lente dépression, absence), ou graves (AVC, accident cardio-vasculaire…).
     Les symptômes émotionnels, cognitifs, comportementaux, motivationnels et/ou physiques empêchent la personne de travailler, de se concentrer et réduisent à néant l’estime de soi.

D’un point de vue physiologique, il a été démontré que le burnout a une action sur certaines hormones endommageant ainsi les neurones de l’hippocampe (mémoire et concentration) et du cortex préfrontal (prévoyance et prévision de changement, planning et prise de décisions), sans oublier les conséquences sur les systèmes digestif et immunitaire, le pancréas et le foie.

  

  1. Le burn out, est-il une maladie professionnelle ?

En France, le burnout n’est pas reconnu en tant que maladie professionnelle car elle n’appartient à aucune classification médicale. Elle rentre dans la nébuleuse de la « souffrance au travail ». On parle de plus en plus d’épuisement professionnel. C’est un syndrome que la médecine intègre désormais, mais il est difficile de codifier cette pathologie avec une prise en charge standardisée tant les signes du burnout peuvent être nombreux (fatigue, troubles anxiodépressifs, maux de dos, pathologie ostéo-articulaires, céphalées de tension etc…).

Hier encore, un médecin ne pouvait indiquer « burnout » sur un arrêt maladie, mais pouvait prescrire un arrêt pour « état anxieux et dépressif majeur », se limitant ainsi seulement aux symptômes.

 

Il est possible  actuellement de faire reconnaître le burnout comme étant d’origine professionnelle même si c’est une maladie hors tableau. Certaines conditions doivent être réunies pour que l’assurance maladie reconnaisse l’origine professionnelle de cette affection:

-Il  doit être établi que la pathologie est essentiellement et directement causée par le travail

– et qu’elle a entraîné une incapacité permanente partielle (IPP) égale ou supérieure à 25 % (site Juritravail.com).

 Il est  donc difficile de nier ce phénomène nouveau, à partir duquel émerge un syndrome particulier, vécu comme un évènement douloureux par les individus qui le traversent. Il existe un questionnaire qui permet de quantifier les différentes composantes du burnout (l’échelle MBI, Malash Burnout Inventory,  composée de 22 questions).

-La première dimension explorée par le MBI est de constater l’épuisement émotionnel et cognitif.

– la deuxième dimension, c’est une dimension de dépersonnalisation, ou déshumanisation.

– la troisième dimension du MBI fait apparaître un sentiment de non accomplissement de soi, de baisse d’estime de soi. Le MBI permet de scorer individuellement chacune des 3 dimensions.
Dans quelques années, les données  scientifiques auront sans doute évolué de façon à permettre une véritable classification du burnout.

Devant l’ampleur du phénomène, les choses bougent et les organismes concernés s’y intéressent, de même que les pouvoirs publics.

Déjà en 2016, une commission était créée à l’Assemblée nationale pour creuser le sujet. Claire Lasry, psychologue spécialiste de l’épuisement au travail, illustre et détaille ce processus dans son intervention :
Voir la vidéo

 

  1. Le burn out, est-il une dépression ?

On confond souvent le burnout avec la dépression, or l’origine n’est pas la même.

Le burnout est le résultat d’un déséquilibre physiologique qui a des répercussions psychologiques. C’est l’inverse dans le cas de la dépression.

Dans les deux cas la structure psychique de l’individu est atteinte. La grande différence est que, dans la dépression, la rupture de la « charpente psychique » n’est pas due à une pression extérieure, mais à une cause intérieure. Un mal qui ronge la structure de l’intérieur, et finit par ne plus permettre à l’individu de résister à une pression normale. Alors que dans le cas de burnout la cause est due à une trop forte pression extérieure professionnelle pour l’essentiel.

Une personne qui vit une dépression sera généralement déprimée dans l’ensemble de ses champs d’activité, alors qu’une personne qui traverse le burnout sera surtout en difficulté dans le champ professionnel. Généralement et aux premiers stades, elle conserve le goût pour les activités privées.

 

  1. Quelles sont les causes du burn out ?

Dans notre quotidien, nous essayons de conserver un équilibre entre les activités professionnelles de subsistance et les activités personnelles, associatives, sportives…

Si cet équilibre est durablement et fortement rompu par excès des activités professionnelles, la personne va peu à peu se vider, à force de puiser dans ses ressources sans se ressourcer, sans ‘recharger les batteries’. Le burnout est une situation d’épuisement de l’individu, entraînée par un déséquilibre entre les dépenses et les apports d’énergie. Littéralement, ‘burnout’ signifie ‘épuisement’ (au sens propre, d’un feu qui a tout détruit, d’un stock de munitions… d’un combustible de fusée, de voiture, d’une batterie).

Pour aller plus loin, considérons que notre réservoir d’énergie est constitué de quatre compartiments. Les réservoirs d’énergie physique, mentale, émotionnelle, et spirituelle. Il est probablement sage d’être en équilibre dans nos dépenses et apports de chacun de ces réservoirs. Si par exemple nous sommes en pleine forme physique, mais épuisés émotionnellement par une situation de conflit, nous ne sommes pas en équilibre intérieur pour travailler sereinement.

 

  1. Qui est responsable du burn out ?

On pourrait rapidement conclure, à priori, que la responsabilité du burnout incombe exclusivement à l’entreprise.

En 2016, l’académie de médecine dit avec justesse que le burnout est « le résultat de la rencontre entre un individu et une situation ». Cela veut dire que deux personnes distinctes ne réagiront pas de la même façon face une même situation de stress.

Certaines personnes refuseront ou dénonceront ouvertement une trop forte charge de travail ou situation injuste et d’autres, celles présentant un terrain propice au burnout, prendront sur elles et intérioriseront la situation.

Certaines iront jusqu’à créer elles-mêmes involontairement un terrain favorable au burnout (auto-désignation de missions de sauveteur de personnes, de situations, d’organisations ; aide à ceux qui n’en demandent pas; proposer un changement ou des projets à sa hiérarchie qui n’en attend pas…).

Les chiffres sont têtus et montrent tout de même statistiquement que l’environnement professionnel est la cause principale du burnout.

Si on peut admettre qu’il est normal de rentrer fatigué physiquement chez soi le soir, il est complètement anormal de rentrer dans un état d’épuisement psychique.

  

  1. Comment sortir du burnout ?

C’est la raison d’être de l’association ABEILLE ALLIANCE, Comprendre, Prévenir et Accompagner pour sortir du burnout.

Découvrez notre méthodologie

 

« Il y a un grand besoin d’espaces à taille humaine, où chacun se sent appartenir à un groupe et où chacun connaît chacun par son nom.

Des lieux où la personne puisse retrouver son moi profond et les valeurs qui donnent un sens et une structure à sa vie, pour s’ouvrir de plus en plus et croître vers un amour universel.

La communauté est le lieu où l’on apprend à aimer et à devenir artisans de paix. »

Jean Vanier

Fondateur de l'Arche, Photo © S. Mollerus